Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale et environnementale (Partnership Social Responsibility), Mazars apporte son aide à des programmes qui reflètent ses valeurs et s’organisent autour de trois axes que sont le respect des environnements, le soutien à la diversité des cultures et des personnes et l’entrepreneuriat solidaire. Le Groupe fait ainsi bénéficier le travail d’un jeune chercheur, Mbark Aouragh, thésard à la Sorbonne, dont le sujet étudié porte sur le patrimoine culturel d’un pays, en lui offrant une bourse lui permettant de se consacrer pleinement à sa thèse : « L’arganeraie marocaine, un patrimoine forestier en danger : usages, pratiques et risques de dégradation ». Après ses premiers mois de travaux initiés en juin 2009, Mbark nous a présenté l’état actuel de ses recherches. .
Dans le cadre de ses recherches, qui devraient aboutir d’ici la fin de l’année 2010 avec des recommandations précises visant à contrôler la dégradation de l’arganeraie marocaine et ses impacts sur la population et l’économie du pays, Mbark Aouragh, participe entre mai et octobre 2010 à plusieurs conférences universitaires afin de partager l’avancée de ses travaux. Parmi les grands rendez-vous de l’année, Mbark apportera sa contribution au Festival International de Géographie 2010 de Saint-Dié-des-Vosges d’octobre prochain, dont le thème est le suivant : « La forêt, or vert des Hommes ? Gestion, protection, exploitation durable », et plus particulièrement sur les deux sujets que sont « la modélisation des risques de dégradation de l’arganeraie du Sud-Ouest marocain : apport des SIG et télédétection » et « L’arganeraie¹ marocaine, un patrimoine forestier en danger : Usages, pratiques et risques de dégradation ».
Ces recherches dressent un état des lieux de l’exploitation des arganiers au Maroc. Mbark adopte un regard critique sur les études existantes qui évoquent la dégradation du milieu naturel. « Malheureusement la plupart de ces études portent un constat alarmiste qui ne reflète pas la réalité de la situation de l’arganier au Maroc. Ces études ne reposent pas sur des références précises permettant d’évaluer, d’une manière plus objective, le degré de la dégradation constatée. Leur contenu est souvent pessimiste, basé sur des considérations divergentes qui ne permettent pas de dresser un bilan objectif de la situation actuelle de l’arganeraie » (AOURAGH, 2009).
Pour comprendre les différents facteurs de dégradation de ce patrimoine forestier à multiples facettes, Mbark opte pour une méthodologie originale, centrée sur deux approches:
Ce sont deux moyens privilégiés pour l'analyse et la compréhension de l'espace, des territoires et des paysages. Ils permettent d’évaluer, de manière précise, les différentes évolutions de l’état de l’arganeraie afin de constater les différentes transformations spatio-temporelles qui ont touchées le paysage.
Les premières études montrent qu’en moins d’un demi-siècle, la densité moyenne par hectare est passée de 100 à 30 arbres/h, et que la superficie ne cesse de régresser d’environ 600 hectares par an.
Ce recul est dommageable autant pour l’écologie et l’économie que pour la culture et l’histoire marocaines.
Principales actrices du marché de l’huile d’argan - essence destinée aux marchés alimentaires et cosmétiques mais aussi actrice de la biodiversité et symbole de la résistance de la culture locale aux aléas du temps -, les femmes sont parmi les premières cibles de cette dégradation. Elles sont en effet impliquées dans toute la chaîne de valeur d’exploitation de l’arganier.